Philosophie

Raphael, l’Ecole d’Athènes, détail : Socrate.

Minima Moralia

Réflexions sur la vie mutilée

de Theodore ADORNO

Éd. Payot, 2016 (1ère trad. en français 1980)


Minima Moralia est, selon Habermas

le « chef-d’œuvre d’un écrivain égaré parmi les fonctionnaires »

autrement dit, l’invention d’une écriture anti-autoritaire. Entre les moralistes français, Marx et les romantiques allemands, Adorno entreprend, à travers de courts chapitres, vignettes, instantanés, une critique du mensonge de la société moderne, pourchassant au plus intime de l’existence individuelle les puissances objectives qui la déterminent et l’oppriment. Ce livre, qu’il convient d’étudier comme une somme, est à accueillir comme un art d’écrire, à méditer comme un art de penser et à pratiquer comme un art de vivre. Mieux : un art de résister.

L’auteur

Theodor W. ADORNO (1903-1969), philosophe, sociologue et musicologue allemand, est l’un des principaux représentants de l’Ecole de Francfort, au sein de laquelle il a élaboré la « théorie critique ». Ses ouvrages les plus importants ont été publiés aux Editions Payot, notamment Dialectique négative, Modèles critiques et Minima Moralia.

L’auteur

Présentation des Minima moralia d’Adorno par Katia GENEL, pdf

Demeure 

de François-Xavier BELLAMY

Éd. Grasset, 2018


Derrière l’accélération partout constatée de nos vies individuelles et de notre existence sociale, il est un phénomène plus essentiel encore, qui est devenu l’horizon absolu de la conscience occidentale : le changement était, à l’âge classique, une transition entre deux moments de stabilité. Mais notre civilisation semble entrée, avec la modernité, dans une nouvelle ère, qui fait du mouvement la loi universelle. Si la vie est évolution, si l’économie est croissance, si la politique est progrès, tout ce qui ne se transforme pas doit disparaître. S’adapter, se réformer, rester dynamique, voilà nos vertus cardinales ; la mode remplace tous nos critères, le flux prend la place de l’être, et le chiffre de la lettre.

Alors que la crise contemporaine qui touche le monde occidental porte le symptôme d’une forme d’épuisement intérieur, et alors que notre rapport à l’accélération actuelle des innovations technologiques sera le grand défi politique des années à venir, il importe d’interroger, de façon à la fois approfondie et concrète, le déséquilibre créé par cette incapacité au repos, par cet oubli des stabilités les plus nécessaires à nos vies. Afin de redécouvrir ce que notre fascination pour le mouvement nous avait fait oublier : l’essentiel de nos existences se trouve peut-être bien plus dans ce qui est reçu et transmis, que dans ce qui est transformé. Et ce qui donne sens aux changements que nous pouvons apporter, ce ne peut être que la stabilité d’un but qui seul mérite notre effort. Il n’est pas de création spontanée qui s’épanouisse sans racines, pas de voyage vers l’ailleurs qui ne suppose un domaine familier, pas de société qui s’améliore sans chercher le bien dans ce qu il a d’éternel. Ce qui rend possible le mouvement de toute vie, et ce qui lui donne un sens, c’est toujours ce qui demeure.

L’auteur

François-Xavier BELLAMY est normalien et agrégé de philosophie. Enseignant dans le secondaire, il est par ailleurs élu (sans étiquette) à Versailles, et intervient régulièrement dans le débat public. Il a créé les Soirées de la Philo, un cycle de philosophie pour le grand public, qui se développe à Paris et dans une dizaine de villes. Il poursuit avec cet ouvrage une réflexion commencée avec Les Déshérités (Plon, 2014), un premier ouvrage dans lequel il se penchait sur la rupture de la transmission caractérisant la crise éducative actuelle, et sur la nécessité de retrouver dans la culture comme héritage la source de toute liberté.

Ce que penser veut dire

Penser avec Goethe, Heidegger, Rousseau, Schmitt, Péguy, Arendt… 

d’Alain de BENOIST

Éd. du Rocher, 2017


« Penser à » n’est pas la même chose que penser tout court. La tâche de l’historien des idées consiste à étudier et à faire connaître l’oeuvre de ceux qui ont proposé diverses grilles d’interprétation, diverses façons de voir et de comprendre le monde, révélant ainsi ce que penser veut dire.

À l’époque moderne :

Rousseau s’est efforcé de penser la nature de l’homme et l’origine de la société

Carl Schmitt la nature du politique

Karl Marx l’essence du capitalisme

Sigmund Freud et Carl Jung ont tenté de jeter les bases d’une psychologie des profondeurs

Gustave Le Bon s’est penché sur la psychologie des foules

Jules Monnerot a analysé le phénomène totalitaire

Michel Villey a entrepris de révéler la véritable nature du droit

C’est l’oeuvre de ces penseurs et de bien d’autres, de Heidegger à Arthur Koestler, de Goethe à Georges Sorel, de Nietzsche à Montherlant, de Leo Strauss à Jean Baudrillard, de Charles Péguy à Hannah Arendt, de Denis de Rougemont à Julien Freund, qui est présentée de façon vivante et pédagogique dans ce livre.
Tous ces auteurs attestent que le travail de la pensée a joué un rôle décisif dans l’histoire, entraînant des mutations bien différentes des révolutions bruyantes, des grandes explosions que tout le monde connaît mais qui sont restées sans lendemain. « Les révolutions silencieuses sont les plus efficaces », disait Junger. Ce sont peut-être aussi les plus passionnantes.

L’auteur

Alain de BENOIST, écrivain, philosophe, directeur des revues « Nouvelle École » et « Krisis », est l’auteur d’une centaine de livres consacrés à la philosophie politique et à l’histoire des idées.

La philosophie devenue folle

Le genre, l’animal, la mort

de Jean-François BRAUNSTEIN

Éd. Grasset, 2018


Trois débats nous obsèdent : autour du genre, des droits de l’animal, de l’euthanasie. Et trois  disciplines politiquement correctes traitent désormais de ces questions dans le monde universitaire  : gender studies, animal studies, bioéthique.

Cependant, lorsqu’on lit les textes des fondateurs de ces disciplines, John Money, Judith Butler, Peter Singer, Donna Haraway et quelques autres, on s’aperçoit que, derrière les bons sentiments affichés, se font jour des conséquences absurdes sinon abjectes.

Si le genre n’est pas lié au sexe, pourquoi ne pas en changer tous les matins  ? Si le corps est à la disposition de notre conscience, pourquoi ne pas le modifier à l’infini  ? S’il n’y a pas de différence entre animaux et humains, pourquoi ne pas faire des expériences scientifiques sur les comateux plutôt que sur les animaux ? Pourquoi ne pas avoir de relations sexuelles avec son chien ? S’il est des vies dignes d’être vécues et d’autres qui ne le sont pas, pourquoi ne pas liquider les «  infirmes  », y compris les enfants «  défectueux  »  ? Pourquoi ne pas nationaliser les organes des quasi-morts au profit d’humains plus prometteurs  ?

Jean-François BRAUNSTEIN a mené un travail considérable et novateur  : il a lu les milliers de pages de ces penseurs célébrés dans le monde occidental  ; il revient sur leurs idées, leurs contradictions, leur parcours personnel ; il analyse, souligne, contredit, déconstruit. L’erreur consiste à vouloir «  effacer les limites  »  : entre les sexes, entre les animaux et les humains, entre les vivants et les morts. Il convient, au contraire, d’affronter ces limites qui nous constituent. Oui, parfois la philosophie devient folle, quand elle oublie l’homme.

L’auteur

Jean-François BRAUNSTEIN est professeur de philosophie contemporaine à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Il y enseigne l’histoire des sciences et la philosophie de la médecine ainsi que l’éthique médicale. Il a notamment publié Canguilhem, histoire des sciences et politique du vivant ;  L’histoire des sciences. Méthodes, styles et controverses et La philosophie de la médecine d’Auguste Comte. Vierge Mère, vaches folles et morts vivants (PUF).

Psychopolitique

Le néolibéralisme et les nouvelles techniques de pouvoir

de Byung-Chul HAN, trad. Olivier COSSÉ

Éd. Circé, 2016


Après son best-seller, la Société de la Fatigue, le philosophe berlinois Byung-Chul Han poursuit sa critique du néolibéralisme. Il explique de manière pertinente la technique de domination et de pouvoir du régime néolibéral qui, contrairement à la biopolitique de Foucault, considère la psyché comme une force productive. Han décrit sous toutes ses facettes cette psychopolitique néolibérale qui nous mène à une crise de la liberté.

L’auteur

Essayiste et philosophe allemand d’origine coréenne, Byung-Chul HAN est théoricien de la culture et professeur de philosophie à l’Université des arts de Berlin.

La société de la fatigue

de Byung-Chul HAN

Éd. Circé, 2014


Extrait

La société du burn out

« La société d’aujourd’hui est une société de la performance qui ne cesse de se débarrasser de la négativité de l’interdit et de la règle et se voit comme une société de la liberté. Le verbe qui caractérise la société de la performance, n’est pas le freudien « devoir », c’est « pouvoir ». Ce tournant social entraîne avec lui une restructuration de l’âme. Le sujet postmoderne performant possède une tout autre psyché que le sujet obéissant en vigueur dans la psychanalyse de Freud. L’appareil psychique de Freud est régi par la négation, le refoulement et la peur de l’infraction. Le Moi est un « lieu de l’angoisse ». Le sujet performant postmoderne est dépourvu de négation. C’est un sujet d’affirmation. Or, si l’inconscient était nécessairement lié à la négativité de la négation et du refoulement, alors le sujet performant postmoderne n’aurait plus d’inconscient. »

La société de transparence

de Byung-Chul HAN

Éd. P.U.F., 2017


Nous sommes entrés dans l’ère de la transparence, qui semble bien structurer désormais tous les aspects de notre vie du collectif à l’individuel, du politique à l’intime. Naît alors un carcan dans lequel les choses sont lissées, intégrées sans résistance dans les flux de la communication et dépouillées de leurs singularités. Comme sur un marché, tout est exposé, réduit à son prix, privé de récit. Les corps eux-mêmes sont dénués de sens ; les visages perdent leur scénographie ; le temps est atomisé. Nous voilà dans un « enfer de l’identique », où les informations se succèdent sans combler le vide permanent dont nous sommes prisonniers, et où nous n’avons d’autre issue que de liker pour approuver.

Ne tolérant aucune faille, la société de transparence nous confronte à un choix : être visible ou être suspect. L’homme peut-il encore s’échapper de cette société de contrôle total ?

Le collier de perles des doctrines du Vedanta

Prakaçananda

de Martine CHIFFLOT

Éd. L’Harmattan, 2005


Le Vedânta est l’ensemble des commentaires (dualistes ou non-dualistes) que les philosophes hindouistes ont élaboré à la suite des Upanishad et qui constitue l’achèvement du Veda (la Révélation, çruti).

Le collier de perles des doctrines du Vedânta (en sanskrit Vedânta-siddhântamuktâvalî) porte une des thèses les plus radicales que la philosophie du Vedânta non-dualiste ait forgée, celle de la nature fantasmatique de toute la manifestation, assimilée, dès lors, au rêve d’un unique sujet que la révélation métaphysique doit délivrer de son illusion et de ses identifications fallacieuses.

Cette traduction d’une pièce maîtresse et finale du Vedânta tardif (XVIe siècle) est la première qui paraisse en français. Elle est précédée d’une introduction et accompagnée de notes qui aideront les lecteurs à s’approprier les concepts et les paradigmes de la philosophie non-dualiste des hindouistes et les familiariseront avec les termes qu’un lecteur scrupuleux ne devrait pas ignorer.

L’auteur

Martine CHIFFLOT enseigne la philosophie et la pédagogie à l’IUFM de Lyon et à l’UTA de Lyon II. Docteur en Philosophie (Paris IV-Sorbonne).

Le nouvel âge des pères

de Chantal DELSOL et Martin STEFFENS

Éd. du Cerf, 2015


C’est la culture chrétienne, née de l’Evangile, qui a reconnu la femme. C’est le monde occidental, né du christianisme, qui en a retardé l’épanouissement. S’emparant de cette contradiction, Chantal Delsol et Martin Steffens entrent en dialogue. Lisant l’histoire, ils interrogent l’avènement de l’égalité des sexes, la persistance du machisme, l’apparition du féminisme. Scrutant le présent, ils questionnent l’asservissement répété des femmes et les défis que leur libération adresse aux hommes : en face des femmes émancipées, il faut des hommes consistants. Qu’en est-il de la réinterprétation contemporaine des rôles et des fonctions de chaque genre au regard d’une philosophie de la personne ? L’abolition justifiée du patriarcat peut-elle se légitimer du rejet de la paternité ? N’est-il pas temps au contraire que débute un nouvel âge des pères ? Ecrit à quatre mains, ce livre explore de manière décisive la crise actuelle de l’identité et de la différence.

Philosophe, membre de l’Institut, Chantal Delsol poursuit une oeuvre majeure à la croisée de la philosophie et du politique. Elle est l’auteur de nombreux ouvrages dont, aux Editions du Cerf, L’âge du renoncement (2011) et Les pierres d’angle (2014).

L’auteur

Professeur de philosophie, Martin Steffens enseigne en classes préparatoires littéraires. Il a notamment écrit : Petit traité de la joie. Consentir à la vie (2011), Vivre ensemble la fin du monde (2012), La vie en bleue (2014).

Entretiens

de ÉPICTÈTE, trad. Joseph SOUILHÉ

Éd. Gallimard, Poche, 1993


Épictète est avec Sénèque et Marc Aurèle la plus grande figure du stoïcisme romain des deux premiers siècles de notre ère. Il fonda une école renommée de philosophie, vécut dans la simplicité, fidèle à l’éthique du renoncement qu’il prônait. Il n’a jamais écrit lui-même et ces Entretiens sont la transcription de son enseignement oral recueilli par son disciple Flavius Arrianus. À l’origine, Arrien avait réuni huit livres dont il se subsiste désormais que la moitié. L’abrégé de ces Entretiens est connu sous le titre de Manuel d’Épictète. L’enseignement de ce sage a pour devise la célèbre distinction entre «ce qui dépend de nous et ce qui ne dépend pas de nous. Dépendent de nous l’opinion, la tendance, le désir, l’aversion, en un mot toutes nos œuvres propres ; ne dépendent pas de nous le corps, la richesse, les témoignages de considération, les hautes charges, en un mot les choses qui ne sont pas nos œuvres propres. Les choses qui dépendent de nous sont naturellement libres […] les choses qui ne dépendent pas de nous sont fragiles, serves…»

Marc Aurèle

de Pierre GRIMAL

Éd. Fayard, 1991


Les Romains avaient mis longtemps à se réconcilier avec la monarchie. Mais le poids de l’Empire et les guerres civiles leur avaient appris que c’était le seul régime possible pour eux, et les philosophes que ce pouvait être le meilleur. Marc Aurèle entreprit d’en donner la preuve.

Il porta l’Empire à son apogée et nous a, en même temps, laissé le témoignage le plus sincère et le plus émouvant qui soit sur la solitude des rois, des Pensées qu’il n’écrivait que pour lui-même et qui sont, certes, d’inspiration stoïcienne, mais fort éloignées des abstractions de l’école. S’il est vrai que les actes d’un prince font l’Histoire, les mobiles profonds qui les inspirent restent le plus souvent secrets. Philosophie, piété véritable envers les dieux, admiration et respect pour la Rome des anciens temps, que semblent menacer les excès et les déviations d’une religion nouvelle dont il est pourtant à même, mieux que personne, de comprendre l’esprit, font de lui le plus grand, le plus efficace, le plus humain des empereurs, sans doute, entre tous, le plus proche de nous.

Sénèque

ou la Conscience de l’Empire

de Pierre GRIMAL

Éd. Fayard, 1991


Sénèque, auprès de ceux qui le connaissent mal, a mauvaise réputation. L’image, détestable, que l’on se fait de Néron ternit la sienne. Mais il fut son ministre, excellent aussi longtemps que Néron fut tolérable. Il se retira une fois ce temps révolu. Mêlé de très près à la vie politique, il avait le souci de maintenir en lui-même et chez ceux qu’il aimait le sens de la liberté intérieure.

Il en découvrait le moyen dans la doctrine stoïcienne, qui comptait alors à Rome de nombreux adeptes. Le stoïcisme était une conception totale de tout ce qui existe. Sénèque l’accepte tout entier, mais s’applique à en montrer les implications pour chacun de nous, dans sa vie personnelle, et les remèdes qu’il apporte à la condition humaine. Interroger l’oeuvre de Sénèque c’est suivre pas à pas l’histoire morale du temps qui se déroula entre le règne de Tibère et le moment où Néron entraîna Rome dans la tyrannie et la démence. Nous voyons mûrir une pensée qui vit, une nouvelle fois, pour son compte, les découvertes des philosophes grecs, trois ou quatre siècles plus tôt. Ce qui était resté souvent abstrait et théorique, devient ici la vie même. Sénèque est le témoin d’une prise de conscience, celle des Romains qui, entraînés vers la conquête du monde, découvrent que celle-ci ne sera complète que si eux-mêmes en trouvent la justification dans celle de leur propre intériorité. Auprès de Sénèque, pendant les mêmes années, le christianisme est en train de se former. Ce siècle sera décisif dans l’histoire de l’âme humaine. P.G.

Apprendre à philosopher dans l’antiquité

L’enseignement du Manuel d’Epictète et son commentaire néoplatonicien

de Pierre HADOT et Ilsetraut HADOT

Éd. Livre de Poche, 2004


L’ouvrage de I. et P. Hadot constitue une introduction au Manuel d’Epictète, oeuvre stoïcienne majeure du IIe siècle de notre ère, ainsi qu’au commentaire du Manuel rédigé trois siècles plus tard par le néoplatonicien Simplicius. Une approche d’ensemble de ces oeuvres, de leurs caractéristiques formelles et doctrinales, ainsi que l’étude de quelques thèmes choisis (la distinction de  » ce qui dépend de nous  » et de  » ce qui ne dépend pas de nous « , les paraboles de l’escale et du banquet, le rapport entre religion et philosophie) permettent de cerner des postures philosophiques fondamentales, touchant la question de la piété, celle du destin et du libre arbitre, ou encore de notre rapport aux maux et à la mort. Par là, ce livre représente aussi et avant tout une méditation sur le sens fondamental de l’activité philosophique dans l’Antiquité.

Comme l’écrivent les auteurs : « En utilisant la méthode exégétique, nous avons eu l’intention de répondre à une interrogation, à la fois historique et existentielle comment apprenait-on à philosopher dans l’Antiquité ? Car le Manuel et son commentaire par Simplicius peuvent nous apporter de précieux renseignements sur la nature exacte et la pratique de la philosophie antique.« 

La Citadelle Intérieure

Introduction aux Pensées de Marc Aurèle

de Pierre HADOT

Éd. Fayard, 1992


On retrouve dans « pensées pour moi-même », qu’il écrivit durant ses expéditions militaires, la philosophie stoïcienne dont il avait fait un examen de conscience permanent. Marc Aurèle est considéré comme l’un des meilleurs empereurs que l’homme ait connu. Un homme de bonne volonté, sensible. Un homme fascinant par ses qualités morales. Pierre Hadot , par sa bonne analyse, nous aide à appréhender ces « Pensées » et le personnage.

Qu’est-ce que la philosophie antique ?

de Pierre HADOT

Éd. Folio (poche), 1995


Cet ouvrage renouvelle entièrement l’image des philosophes de cette période, rendant la dimension vivante et vécue de leurs enseignements, montrant que ce n’était pas d’ennuyeux professeurs de morale mais des maîtres de vie, de véritables guides spirituels.

Ancré dans le quotidien et dans la pratique de la philosophie telle que la pratiquaient les Anciens, le livre de Pierre Hadot nous transporte à l’écoute de Socrate, Platon, Aristote, l’épicurisme, le stoïcisme et les écoles de l’époque impériale avant de conclure sur les disparation et réapparition de la conception antique de la philosophie au cours de l’histoire.

La Philosophie comme manière de vivre

Entretiens avec Jeannie Carlier et Arnold I. Davidson

de Pierre HADOT

Éd. Le Livre de Poche, 2003


Qu’ils traitent de Marc Aurèle ou de Plotin, du stoïcisme ou de la mystique, les ouvrages de Pierre Hadot, avec une érudition toujours limpide, montrent que, pour les Anciens, la philosophie n’est pas construction de systèmes, mais choix de vie, expérience vécue visant à produire un  » effet de formation « , bref un exercice sur le chemin de la sagesse. En suivant Pierre Hadot, nous comprenons. en quoi les philosophies des Anciens, et la pensée de Marc Aurèle en particulier, peuvent nous aider à mieux vivre. Et si  » philosopher, c’est apprendre à mourir « , il faut aussi apprendre à  » vivre dans le moment présent, vivre comme si l’on voyait le monde pour la dernière fois, mais aussi pour la première fois. »

Héraclite, Fragments recomposés

Présentés dans un ordre rationnel

de HERACLITE

Présentés par Marcel CONCHE

Éd. P.U.F., 2017


Cette nouvelle édition présente et commente les Fragments d’Héraclite selon un ordre allant du concret vers l’abstrait. Après des règles de méthodes viennent ainsi des lois universelles, puis les réalités elles-mêmes : le monde, les âmes, la cité… L’auteur rappelle qu’un fragment ne doit pas être interprété seul, et que les Fragments sont avant tout le reflet d’un système achevé en constante redéfinition.

Longévité d’une imposture

Michel Foucault

Suivi de Foucaultphiles et Foucaulâtres

de Jean-Marc MANDOSIO

Edition revue et augmentée. Éditeur : Encyclopédie des Nuisances, 2010


Présentation de l’éditeur

De tous les jargonneurs philosophiques qui ont eu leur heure de gloire en France dans les années soixante et soixante-dix avant de connaître une seconde jeunesse avec l’engouement des universitaires américains pour la French Theory, Michel Foucault (1926-1984) est certainement celui dont l’œuvre jouit encore aujourd’hui du prestige le plus durable, très au-delà du cercle étroit des étudiants et des professeurs de philosophie.

Commentaire d’un lecteur

Foucault n’est pas un philosophe.
C’est juste un intellectueur.
Jean-Marc MANDOSIO dresse la liste de ses incohérences incroyables, de ses conformismes, de son carriérisme, de son allégeance à Khomeyni, de son langage abscons à dessein, etc.
« Le principal talent de Foucault aura sans doute été de donner une forme philosophico-littéraire aux lieux communs d’une époque » (p. 82).
« C’est l’exemple le plus achevé d’anti-institutionnalisme institutionnel » dit Jean-Marc MANDOSIO.
La prétention de Jean-Marc MANDOSIO?
« La réhabilitation de l’esprit critique, pour lequel il n’existe pas de vaches sacrées » (p. 93) et qui s’insurge contre la « servitude intellectuelle » ( p.95).
Foucault un révolutionnaire, un rebelle?
« Que de telles sottises puissent être, je ne dis pas prises aux sérieux, mais simplement écrites, en dit long sur le niveau d’abêtissement atteint depuis longtemps déjà par le troupeau médiatico-intellectuel, qui se repaît quotidiennement de la feinte dissidence des contestataires officiels » ( p. 97).
Le livre de Jean-Marc MANDOSIO est de salubrité publique ! Pour lutter contre l’abêtissement de nos pseudo maîtres à penser!

Soliloques

de MARC-AURÈLE

Éd. Livre de Poche, 1998


La morale de Marc Aurèle, délivrée de tout enthousiasme fanatique, nous parvient aujourd’hui comme le fruit d’une passion calme et non feinte au service du bien public. Dans ses Soliloques, où « les dieux » vaquent en silence, on découvre que la « piété » n’était pas un vain mot pour ce moraliste païen, lucide et sincère, qui écrivait, pour sa propre gouverne : « Ce qui n’est pas utile à la ruche n’est pas non plus utile à l’abeille »

Vies parallèles I

de PLUTARQUE

Éd. Flammarion, Poche, 1999


Philosophe grec, PLUTARQUE (c. 45 – 125 ap. J-C.) nous a légué une œuvre importante, où la philosophie et la biographie occupent une place de choix. Ses Vies parallèles sont un immense recueil de biographies de grands hommes de l’histoire, présentées presque toutes par paires (un Grec étant mis chaque fois en parallèle avec un Romain). D’une érudition prodigieuse, l’œuvre de Plutarque est un trésor de connaissances et d’idées. Dès l’Antiquité, elle a exercé une influence considérable sur Shakespeare, Montaigne ou encore Rousseau, entre autres. Au-delà de leur portée philosophique, ses œuvres sont une mine de renseignements pour tous ceux qui s’intéressent à la civilisation gréco-romaine.

Apprendre à philosopher avec la

Philosophie juive

de Jean-Claude POIZAT

Éd. Ellipses, 2019


Destinée au « grand public », aux élèves de classe terminale, aux étudiants de classes préparatoires ou de licence, la collection Apprendre à philosopher propose une introduction très didactique à la pensée des grands philosophes. Cet ouvrage analyse les grands concepts qui ont marqué la philosophie juive et par là questionne ses rapports avec le judaïsme autant qu’avec la philosophie non-juive. En abordant les concepts de 10 philosophes, cet ouvrage:

– offre une analyse rigoureuse et limpide pour comprendre les principaux concepts;

– s’appuie sur des extraits commentés pour compléter l’analyse.

Cet ouvrage permettra de comprendre le rôle central de la philosophie juive, «pensée des marges» sans être marginale.

L’auteur

Jean-Claude POIZAT est agrégé de philosophie.

Aliénation et accélération

d’Hartmut ROSA 

Éd. La Découverte, 2014


L’auteur d’Accélération examine les causes et les effets des processus d’accélération propres à la modernité et élabore une théorie critique de la temporalité dans la modernité tardive. Sous la pression d’un rythme sans cesse accru, les individus font désormais face au monde sans pouvoir l’habiter et sans parvenir à se l’approprier.

La vie moderne est une constante accélération. Jamais auparavant les moyens permettant de gagner du temps n’avaient atteint pareil niveau de développement, grâce aux technologies de production et de communication ; pourtant, jamais l’impression de manquer de temps n’a été si répandue. Dans toutes les sociétés occidentales, les individus souffrent toujours plus du manque de temps et ont le sentiment de devoir courir toujours plus vite, non pas pour atteindre un objectif mais simplement pour rester sur place. Ce livre examine les causes et les effets des processus d’accélération propres à la modernité, tout en élaborant une théorie critique de la temporalité dans la modernité tardive.

Dans le sillage de son ouvrage Accélération (La Découverte, 2010), dont il reprend ici le coeur du propos de manière synthétique, Hartmut ROSA apporte de nouveaux éléments en rediscutant la question de l’aliénation à la lumière de la vie accélérée. Ainsi, il soutient et développe avec force l’idée que l’accélération engendre des formes d’aliénation sévères relatives au temps et à l’espace, aux choses et aux actions, à soi et aux autres. Sous la pression d’un rythme sans cesse accru, les individus font désormais face au monde sans pouvoir l’habiter et sans parvenir à se l’approprier.

L’auteur

Né en 1965, sociologue et philosophe, Hartmut ROSA est professeur à l’université Friedrich-Schiller de Iéna en Allemagne. Il fait partie d’une nouvelle génération d’intellectuels travaillant dans le sillage de la Théorie critique (formulée par l’Ecole de Francfort ndlr).

Entretiens – Lettres à Lucilius

de SÉNÈQUE, présentation Paul VEYNE

Éd. Robert Laffont, Poche, 1993


Sénèque est l’un des maîtres à penser du stoïcisme, incontournable pour connaître cette école de sagesse qui a passé les siècles, et pour quiconque s’intéresse à la sagesse, l’éthique. Les Entretiens et les Lettres à Lucilius ne sont pas des œuvres de doctrine. Sénèque y parle très librement de sa carrière, de ses lectures, de ses voyages, de ses promenades ; il y expose ses goûts et ses dégoûts, ses idées et ses sentiments. Il nous permet aussi de suivre son lent travail sur lui-même : « On n’est pas sage, on le devient. »

La présente édition a été établie par Paul Veyne, professeur au Collège de France et auteur de nombreux travaux sur l’Antiquité grecque et romaine. Dans son importante Préface de près de deux cents pages, il retrace la carrière de Sénèque, véritable roman des temps néroniens, et met en évidence l’actualité de sa philosophie.

L’enracinement

Prélude à une déclaration des devoirs envers l’être humain

de Simone WEIL

Éd. Gallimard, 1990


Simone WEIL (1909-1943) est l’une de nos plus grandes philosophes : sensible à la question sociale, au christianisme et à l’universalisme ; au peuple et à la nation.

En effet dans cet ouvrage publié à titre Posthume, en 1949, « L’Enracinement, prélude à une déclaration des devoirs envers l’être humain », Simone Weil indique les besoins et les devoirs de l’âme dans une partie mystique de l’ouvrage.

Elle explique également le mal qu’engendre le déracinement sur les mentalités comme sur la vie et ses conditions sociales (le monde ouvrier, le monde paysan, et la nation en son ensemble.)

C’est pour cela qu’elle prône l’enracinement comme salut du peuple, de sa nation, de sa collectivité, de ses conditions de vie et de travail, et du sens de son existence. Les racines rendent heureux et émancipent – contrairement à ce que dit la Doxa actuelle – c’est pour cela que « L’enracinement » apparaît comme la solution pour Simone WEIL dans la 3e et dernière partie de cet ouvrage.

D’une autre manière – mais dans un même sens – elle fait 50 ans plus tard, comme Maurice BARRES dans « Les Déracinés » (1897), l’éloge de l’enracinement comme philosophie de vie et d’action.

Nb: « La pesanteur et la grâce » (1947) et les « Réflexions sur les causes de la liberté et de l’oppression sociale » (1934) sont deux grands ouvrages de Simone Weil qui forment avec celui-ci une parfaite trilogie : mystique, sociale et politique dans son œuvre – je conseille à tous de les avoir côte à côte dans leur bibliothèque. (Commentaire d’un lecteur).

La Pesanteur et la Grâce

de Simone WEIL

Éd. Pocket, 1993 (1ère éd. 1947)


Recueil des pensées les plus intimes d’une philosophe au parcours singulier qui renonça à sa condition bourgeoise pour travailler à l’usine et qui, d’origine juive, finit par se rapprocher du christianisme, cet ouvrage constitue une véritable initiation à l’oeuvre de Simone Weil. Sous une trentaine de rubriques se retrouvent les thèmes principaux de sa réflexion : effacement, acceptation du vide, mystique du travail… Mue par le constant désir d’abolir en elle le moi, Simone Weil paraît reformuler sans cesse tout au long de ces pages une seule et cruciale question, celle du salut : comment peut-on échapper à ce qui en nous ressemble à de la pesanteur?

La présentation des livres et auteurs est celle de leur éditeur.

Culture

Éducation

Grèce & Rome antiques

Langage

Philosophie politique

Bibliographie philosophique conseillée par le site PhiloLog.fr

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